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#41 29-12-2021 18:00:52

Jean-Pierre
Moustique
Lieu : île des brumes
Inscription : 08-12-2021
Messages : 11

Re : Jurassic Park: The Ultimate Visual History

InGen'Hunter a écrit :

Je vis la découverte du parc et de ses animaux, tout aussi pleinement que Grant le vis dans le film, alors que je n'ai pas pour habitude de m'identifier à un personnage de film.

J'ai revu les deux premiers Indiana Jones (pour savoir si c'est comme dans mes souvenirs)... Le fait qu'Alan Grant ait failli être incarné par Harisson Ford n'est peut-être pas un hasard. Mais heureusement que ça n'a pas eu lieu ! Dans Indiana Jones, j'ai l'impression que c'est le film qui tourne autour du personnage (c'est son style, sa dégaine, son cynisme, son rire en coin, sa frivolité, etc. qui sont mis en relief) alors que dans JP, Grant sert presque d'oeil neutre - entre un milliardaire trop enthousiaste et le surmoi de Malcom - au spectateur qui doit juste "décider" en âme et conscience si ce qu'il voit est génial... c'est ce que tu dis, on s'identifie à son état et à sa sensibilité quand il découvre l'île, pas du tout à son égo, un peu comme quand Hammond nous dit qu'il "faut se mettre en retrait" pour apprécier et respecter cette nature.

Le film n'oppose pas les forts aux faibles aussi, les carnivores aux herbivores, et décrit la vie de façon complexe (Malcom survit, l'avocat meurt, Gennaro représente l'appât de la facilité). Le fait que le film évoque des "animaux" (le mot que tu emploies) influence beaucoup la façon dont on s'immerge dans l'histoire...  Laaris le dit dans un passage du podcast, quand on s'émeut de la paléontologie de cette façon, c'est l'idée de les répertorier, d'en connaître plutôt la diversité, les spécificités et la richesse qui prime. JP amène pour moi dans le déroulement de ce répertoire, en passant du grand au petit, du venimeux au véloce, du majestueux au menaçant, sans imposer de hiérarchie (le brachio, le dilophosaure ou les raptors sont aussi "grandioses" scénaristiquement que le T-rex). Les paléontologues ont beau jeu de souligner que Deinos ne veut pas dire forcément terrible, monstrueux... pour plaider leur manière de voir les choses.

C'est difficile de comprendre ceux qui n'auront pas du tout accroché ou vu de beauté dans le film (même si nombres de répliques parlent directement aux initiés avec des références rapides : le marais, le déplacement en troupeau, le lien avec les oiseaux, etc.). Le manichéisme est l'explication à mes yeux. Ce qui dans le passage au monde adulte s'incarne en gain, compétition, charisme, est remplacé ici par un ingrédient sans jugement de valeur, du merveilleux à l'état brut comme le qualifie Laaris, refoulé, oublié mais toujours préservé dans un coin du cerveau avec le temps. Les gens appréciant JP à sa valeur sont pour moi un peu des Peter Pan intérieurs, comme celui de Hook (l'avocat cartésien que le pays imaginaire va finir par reconnaître, malgré les années), ayant mûri plus que grandi. Les autres auront oublié ces créatures, peut-être pas les valeurs de puissance et de violence symbolique projetée sur elles, et ce qui se joue dans les différents rôles, comme le critique de cinéma qui voudrait voir en Grant un héro plutôt qu'un naturaliste...

Dino-man
Après, je ne dis pas que les suites ne dénaturent pas elle-même rapidement le message de JP dans la saga. Le moment de bascule implicite pour moi, c'est peut-être quant Grant explique à l'enfant d'Ellie que "ceux-là sont des herbivores et ceux-ci des carnivores" et tente de remémorer les cris terrifiants des raptors... même l'oiseau en cage d'Ellie ne le reconnaît plus du tout sur le coup cry tongue

Dernière modification par Jean-Pierre (29-12-2021 18:05:09)

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#42 29-12-2021 18:39:57

Laaris
Ray Arnold
Inscription : 13-11-2010
Messages : 7 161

Re : Jurassic Park: The Ultimate Visual History

Jean-Pierre a écrit :

même l'oiseau en cage d'Ellie ne le reconnaît plus du tout sur le coup

Oui j'ai réalisé assez tard (grâce à Stuck on Sorna) à quel point cette scène avec l'oiseau illustrait ce que j'essayais de dire sur Grant dans JP3.
Tout était déjà enregistré et à moitié monté, donc je l'ai juste intercalée comme j'ai pu entre 2 phrases et en la mettant en parallèle avec la scène du raptor qui appelle Alan. Comprenne qui pourra. big_smile

Jean-Pierre a écrit :

Dans Indiana Jones, j'ai l'impression que c'est le film qui tourne autour du personnage (c'est son style, sa dégaine, son cynisme, son rire en coin, sa frivolité, etc. qui sont mis en relief) alors que dans JP, Grant sert presque d'oeil neutre - entre un milliardaire trop enthousiaste et le surmoi de Malcom - au spectateur qui doit juste "décider" en âme et conscience si ce qu'il voit est génial... c'est ce que tu dis, on s'identifie à son état et à sa sensibilité quand il découvre l'île, pas du tout à son égo

En travaillant sur la vidéo je suis tombé sur un essai qui proposait une distinction entre les "personnages de proposition" et les "personnages de projection" : ceux qui sont conçus dans pour porter un propos, une vision prédéfinie, et ceux qui sont là pour qu'on s'identifie à eux, pour être le véhicule de la vision du spectateur.
Je n'ai pas gardé ces définitions dans le texte final parce que ça alourdissait encore la vidéo.


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